Le Théâtre de la Ville pris en otage

© Théâtre de la Ville

Nous avons tous en tête les manifestations contre les Paravents de Genet. La morale et les bonnes moeurs en étaient le motif. Aujourd’hui c’est la confrontation entre la liberté d’expression et le respect du sacré qui déplace des centaines de manifestants autour du Théâtre de la Ville – pour la plupart violents – qui protestent contre la pièce de Romeo Castellucci sur le concept du visage du fils de Dieu. Les mêmes qui avaient cherché à détruire les photographies d’Andres Soranno accrochées sur les murs de la Fondation Yvon Lambert d’Avignon.

Quelques remarques personnelles:

  • De telles manifestations d’intolérance n’existent qu’en France. D’autres villes européennes et mondiales ont accueilli le spectacle (en Espagne et en Italie notamment) sans que cela ne donne lieu à de tels débordements…
  • L’Eglise catholique dans sa frange la plus extrême ne s’est pas encore réconciliée avec la culture en dépit des efforts d’une partie de la hiérarchie catholique éclairée et tolérante à l’égard de la création artistique. La condamnation par l’Eglise catholique, le 25 octobre, de ces violences permet de relativiser l’agitation de quelques-uns.
  • Derrière ces manifestations s’agitent des forces politiques et des mouvances d’extrême droite que l’on connait bien, et qui sont bien là, prêtes à jouer leur partition dans les futurs scrutins démocratiques. Attention à notre démocratie et à nos valeurs républicaines.
  • Enfin, soulignons le courage et la tenue d’Emmanuel Demarcy-Mota, de ses collaborateurs et du personnel du Théâtre de la Ville qui tiennent bon dans la tourmente, soutenus en des termes clairs par Frédéric Mitterrand et Bertrand Delanoë.
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