« Le petit livre rouge de la culture », Christophe Girard

© BNF

« La culture est le socle de notre République » annonce d’emblée Christophe Girard, adjoint au maire de Paris depuis 2001, en charge de la Culture, à l’origine notamment de la Nuit Blanche, fête annuelle au succès incontesté.

Dans « Le petit livre rouge de la culture », publié chez Flammarion, Christophe Girard développe sa vision de la gouvernance des politiques culturelles et plaide pour une certaine réforme du ministère de la Culture. Souhaitant mettre en valeur les forces de nos territoires et de nos industries créatives, l’auteur entend donner un nouveau souffle au volontarisme culturel…

Tout d’abord, l’adaptation du ministère de la Culture et de la Communication aux enjeux déterminants du numérique constitue une priorité. « L’émergence du numérique implique une refonte des institutions et industries culturelles », nous avons besoin de rentrer dans l’ère de la politique culturelle 2.0 ! De même, un soutien doit être apporté en faveur de la production de lieux (matériels et immatériels) et de contenus culturels numériques, comme la valorisation du patrimoine – musées et collections – à travers des contenus numériques innovants. Il s’agit également de poursuivre la numérisation de notre patrimoine cinématographique, littéraire, et même bâti (grâce à la modélisation 3D). Enfin, le livre numérique qui se porte très bien actuellement – d’ici à 2015, la part de marché des livres numériques devrait doubler dans la plupart des pays européens – doit encore être encouragé puisque la France s’est lancée relativement tôt dans la numérisation de contenus culturels avec les programmes de la BNF. Les prix des téléchargements devraient par ailleurs être revus à la baisse (entre 5 et 7€) selon un récent sondage.

Par ailleurs, l’adjoint au maire de Paris souhaite que la culture soit rendue accessible au plus grand nombre, ce qui passe selon lui par l’éducation et la médiation. Inscrite dans la formation initiale et continue des enseignants, l’éducation artistique doit être inculquée tout au long de la vie scolaire, et doit couvrir tous les champs culturels ! Ce « plan national pour l’éducation artistique » doit donc être élaboré conjointement avec le ministère de l’Education Nationale, qui doit s’engager dans une série de réformes, parmi lesquelles la mise à disposition de résidences d’artistes dans les écoles, et l’encouragement des collaborations entre établissements scolaires et lieux culturels font écho à certaines de mes conclusions sur le Grand Paris culturel. Mais cet effort éducatif ne doit impérativement pas être dissocié des pratiques amateurs !

Pour conclure son exposé des « propositions pour une république culturelle », Christophe Girard insiste sur de nombreux thèmes ayant eu une résonance forte durant et après la campagne, comme notamment la moralisation de la vie politique et culturelle (principalement en ce qui concerne les procédures de nominations), et appelle à une plus grande transparence de l’action publique culturelle…

Je trouve « Le petit livre rouge de la culture » inspirant, à un moment où va se définir le nouveau projet culturel de François Hollande. Ce qui m’a toujours intéressé dans le parcours de Christophe Girard, c’est qu’il a su associer des fonctions politiques éminentes à l’échelle locale, à des responsabilités de management privées dans des entreprises de dimension mondiale. Autre qualité à mes yeux, sa connaissance extrêmement diversifiée des milieux culturels, son intérêt pour la création et l’expérimentation et sa très grande disponibilité pour les autres, quel que soit leur rang ou leur position.

Saluons la richesse des grands acteurs culturels de la Ville de Paris : David Kessler qui se retrouve conseiller culturel du Président de la République après l’avoir été du Maire de Paris, Laurence Engel qui devient directrice de cabinet de la nouvelle ministre de la Culture, qui dirigeait les affaires culturelles de la Ville, et enfin Christophe Girard, l’élu auquel la politique culturelle de Paris doit tant.

Publicités