Les assises de l’Admical

Les 11 et 12 avril 2013 ont eu lieu les Assises du mécénat organisées à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris, par l’Admical, association pour le développement du mécénat industriel et commercial. Elles ont été l’occasion de réaffirmer l’importance de la Loi Aillagon et des avantages fiscaux liés au mécénat.

Olivier Tcherniak, Président de l’Admical a déclaré : « Nous nous sommes battus pour démontrer que le mécénat n’est pas une niche fiscale. Preuve en est que supprimer les déductions fiscales existantes ne serait pas un drame pour les entreprises mais pour la collectivité ».

La présence de la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, aux assises du mécénat a rassuré les intervenants. Remerciée pour ses actions de défense du mécénat, elle a réaffirmé les fondements de la législation en matière de mécénat culturel : « Je veux saluer les dirigeants des grandes et petites entreprises engagées dans le mécénat, car ils relèvent des enjeux majeurs à la fois économiques et sociétaux en participant au rayonnement international et à l’attractivité économique de notre pays ».

Mais la remise en question de la législation par le ministre du Budget l’été dernier a semé le doute dans les esprits et la crainte créée par l’annonce d’une potentielle suppression des avantages fiscaux liés au mécénat provoque toujours une grande inquiétude.

Le sort fiscal du mécénat est pour le moment fixé mais qu’en est-il de la culture sur le plan territorial ? Le contexte économique est difficile. L’Etat réduit son engagement et les subventions des départements sont à la baisse.

Jean Jack Queyranne, Président de la région Rhône-Alpes, fait part de ses priorités dans « Le Quotidien de l’Art » du 15 avril 2013 :

Sur le plan culturel, la conjoncture et la baisse des subventions ont  un impact sur la programmation des lieux culturels, sur l’activité et sur les projets. « Mais les efforts budgétaires doivent être inscrits dans une vision politique, et c’est ce qui manque cruellement. Au-delà de l’inquiétude budgétaire, il y a une inquiétude sur la place de la culture. Il y a aussi une inquiétude sur le plan du mécénat. Les entreprises s’interrogent par rapport à leur situation financière, mais elles ne sentent pas non plus que le mécénat culturel soit valorisé »

Or, il faut rappeler la place de la culture dans la crise de société que nous traversons, rappeler cette place en terme d’emplois, remettre la culture au cœur du processus éducatif, imaginer des mesures pour consolider le marché de l’Art.  « Il faut une parole publique de la culture »

Selon Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil économique, social et environnemental, le mécénat doit être un vecteur de citoyenneté, « un moyen de retrouver un sens collectif, au moment où le système porte aux nues l’individualité ». Ainsi, à la question : Comment mesurer les retombées du mécénat ? Il a généralement été admis que  les retombées du mécénat pouvaient difficilement être chiffrées. Le mécénat est reconnu en tant que « facteur de mobilisation de l’entreprise », « il favorise le décloisonnement de la société. Il est une façon pour les entreprises de jeter des ponts avec des univers non familiers »

Olivier Tcherniak met également en garde l’utilisation du mécénat comme simple outil de communication alors qu’il « doit être conduit par le Président de l’entreprise, et être partagé ensuite avec l’ensemble des collaborateurs car il construit la personnalité de l’entreprise »

De leur côté, les Etats Unis ont lancé une offensive contre les avantages fiscaux liés au mécénat. Lors de la présentation du budget 2013-2014, Barack Obama a réitéré son appel à plafonner les déductions fiscales accordées au titre du mécénat pour les ménages les plus aisés. Le plafonnement de 28% du montant du don appliqué en 2012 à ceux dont les revenus étaient supérieurs à 250 000 dollars, pourrait s’appliquer en 2013 aux ménages gagnant plus de 200 000 dollars.

 

 

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