Apothéose de la danse contemporaine à Paris : Hofesh Shechter et Angelin Preljocaj

Sun de Hofesh Shechter

Il est sans aucun doute le plus emblématique représentant de la nouvelle danse israélienne. Même si c’est à Londres qu’il a pris son envol et  Paris l’accueille en 2010 pour « Uprising » et « In your rooms » et en 2012 pour « The art of not loocking back ».

 Cette année, « Sun » vient confirmer l’exceptionnel talent de ce « compositeur chorégraphe ». Musicien, il l’est par ses choix et les musiques qu’il retravaille, modifie, intensifie. Chorégraphe, il  l’assume par une écriture presque en totalité personnelle, originale et qui est sa signature. Cette signature est immédiatement reconnue par un spectateur un peu attentif.

D’abord, la batterie, les percussions qui rythment ses créations, avec une intensité maximale, ce qui peut mettre mal à l’aise… Ensuite, des mouvements collectifs de sa compagnie qui sont parfaitement exécutés. Sans rature, limpides. Enfin, une atmosphère de dérision, de critique, d’humour, de distance ironique qui résulte de l’irruption de gags, de prises de parole, de gestes comiques.

 Sun pousse ces trois éléments au maximum de leurs potentialités. C’est un pur miracle qui, à mon sens, installe Hofesh Shechter au sommet de la chorégraphie contemporaine.

 Angelin Preljocaj signe avec les « Nuits», une chorégraphie enchanteresse, inspirée des Mille et Une Nuits, mais qui va chercher ses références bien au-delà de ce conte oriental. On y ressent aussi bien le Proche Orient âpre que l’Extrême Orient méditatif. On entend l’Espagne arabo-andalouse et l’on se transporte dans un ashram spiritualiste indien. Je suis enthousiasmé par le spectacle et m’énerve de voir des spectateurs blasés, pointer du doigt quelques facilités ou quelques clichés.

 Angelin Preljocaj met en symbiose tous les éléments d’un vocabulaire corporel, sexuel, temporel et intemporel, visuel et musical. Jusqu’aux costumes dessinés par Azzédine Alaïa qui sont une pure merveille, jouant avec la lumière. La première séquence est d’une beauté envoutante. La musique de Natacha Atlas relève de la world et de la fusion. Elle sert le déplacement et le mouvement des danseurs et des danseuses.

 

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